Entre 1975 et 1985, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a organisé trois conférences mondiales sur les femmes : 1975 - Mexico, 1980 - Copenhague et 1985 – Nairobi, dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour la femme. En 1990, à l’occasion d’un premier bilan de cette Décennie, l’Assemblée générale de l’ONU a décidé d’organiser une quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Pékin du 4 au 15 septembre 1995 – résolution 45/129.
La tenue de cette conférence s’est inscrite dans un cycle de sommets internationaux placés sous l’égide de l’ONU et axés autour des différents aspects du développement, considérés comme interdépendants :
| Année | Lieu | Conférences et sommets | Thèmes |
|---|---|---|---|
| 1990 | New York | Sommet mondial sur les Enfants | Bien-être des enfants |
| 1992 | Rio | Sommet de la terre | Protection de l’environnement |
| 1993 | Vienne | Conférence mondiale sur les droits de l’Homme | Respect des droits de l’Homme |
| 1994 | Caire | Conférence internationale sur la Population et le développement | Mesures de la démographie |
| 1995 | Copenhague | Conférence mondiale sur le développement social | Développement social |
| 1995 | Pékin | Conférence mondiale sur les femmes | Egalité entre femmes et hommes |
| 1996 | Istanbul | Conférence sur les Etablissements humains | Accès à l’Habitat |
| 1996 | Rome | Sommet mondial de l’Alimentation | Accès à l’alimentation |
Une Déclaration et un Programme d’action de Pékin ont été adoptés à l’issue de cette quatrième conférence mondiale sur les femmes.
Le Programme d’Action de Pékin (PAB), également appelé Plateforme d’action de Beijing, constitue une sorte de guide de l’action publique, aussi bien pour les organisations internationales que pour les gouvernements ou encore pour les acteurs et actrices de la société civile.
Le PAB rappelle que "l’égalité des femmes et des hommes relève des droits de l’Homme et c’est une condition de justice sociale" (Chapitre premier, §1). Il précise, par ailleurs, comme l’a fait la Conférence de Vienne sur les droits de l’Homme, en 1993, que les droits fondamentaux des femmes et des petites filles font inaliénablement, intégralement et indissociablement partie des droits fondamentaux de la personne.
Il définit deux objectifs majeurs :
L’autonomisation des femmes (women empowerment) : Le PAB vise à mettre en lumière les contributions des femmes dans la vie de la société et favoriser leur participation à la prise de décision dans tous les domaines – politique, économique, social et culturel. Il a pour objectif de promouvoir le partage des pouvoirs et des responsabilités entre les femmes et les hommes tant dans la sphère privée et familiale que dans la sphère publique, nationale et internationale.
L’intégration d’une perspective de genre (gender mainstreaming) : Afin d’accélérer et renforcer la mise en œuvre concrète de l’égalité entre les femmes et les hommes, l’élaboration des lois et des politiques publiques doit prendre en considération les besoins et les contributions des femmes et des hommes. Cette approche intégrée suppose également le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre afin de s’assurer que ces textes ou programmes n’entraînent pas de discriminations et d’inégalités.
Il identifie 12 domaines critiques (Chapitre III - §41 à 285) :
Suite à la Conférence de Pékin, en décembre 1995, l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) décide que la Commission de la condition de la femme (CCF/CSW) sera chargée, à chaque session, de suivre et d’évaluer la mise en œuvre d’un ou plusieurs des 12 domaines critiques du PAB - résolution 50/203.
Tous les 5 ans, une évaluation de l’ensemble des domaines critiques est réalisée par l’ensemble des acteurs – organisations et institutions internationales, gouvernements et O.N.G. En 2000, ce bilan a été réalisé dans le cadre de la 23ème session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, "les femmes en l’an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle". En 2005, pour Pékin+10, le suivi est effectué dans le cadre d’une session ordinaire de la CCF/CSW.
En 2010, pour Pékin+15, l’évaluation se fera dans le cadre de la 54ème session de la CCF/CSW, du 1er au 13 mars.
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