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Auditions Retour

Réponses des candidat-e-s par question

Formation et Emploi : articulation des temps de vie

10. Les femmes continuent à interrompre leur activité ou à s'absenter pour prendre en charge des responsabilités familiales, au détriment de leur carrière et de leurs droits à la retraite. Quels sont vos objectifs de développement concernant les services publics d'accueil de la petite enfance et de prise en charge des personnes âgées ou dépendantes ? Inciterez-vous les hommes à prendre une part des responsabilités familiales ?

F. BAYROU : Il faut développer les possibilités de garde d'enfants, en particulier les crèches à proximité des implantations d'entreprises - pas forcément des crèches d'entreprise, pour éviter que les mamans ne soient corvéables à merci.

Le coût de la dépendance était de 0,94 % du PIB en 2005 ; il va passer à 1,2 % du PIB en 2010, soit, en 5 ans, une augmentation de 30 %. Cela appelle une grande politique de prévention de la dépendance. Jean-Luc Préel a proposé l'idée d'un "contrat prévention dépendance" signé entre le patient et son médecin traitant, en partenariat avec l'assurance maladie. Cela veut dire aussi changer profondément l'offre de soins, favoriser les solutions intermédiaires, les hébergements temporaires pour quelques jours, l'accueil de jour et imaginer même l'accueil de nuit. Pour renforcer l'offre de soins à domicile, il faut créer des maisons médicales, en particulier dans les cantons ruraux, et accroître le nombre des infirmières, infirmiers, aides-soignants. Il faut professionnaliser l'aide, notamment en validant les acquis professionnels des bénévoles et des aidants familiaux. Pour faciliter la prise en charge financière des personnes dépendantes, l'État devra inciter à des contrats d'assurance prévoyance perte d'autonomie, à contracter assez jeune pour que le coût soit léger, et financer une aide à la complémentaire santé, au lieu du mécanisme actuel de "tout ou rien".

O. BESANCENOT : La moitié des femmes reste à la maison pour garder leur enfant, et seulement 10 % des enfants sont accueillis en crèche faute de place. Une majorité écrasante de femmes se retrouvent seules devant « leur » problème de garde. Les gouvernements ont toujours privilégié la multiplication des aides individuelles. Conséquence des budgets d’austérité dans l’Education nationale et des suppressions de postes (notamment en maternelle), le taux de scolarisation des 2 à 3 ans est passé de 36 % à 21 % en dix ans.

Un grand service public de la petite enfance, un regroupement des modes de garde dans un seul et même service sont une nécessité pour les femmes, pour les tout petits, pour la société. La mixité du personnel doit être un impératif, pour une société égalitaire, où les individus des deux sexes contribuent à égalité aux tâches domestiques.

Cela implique un plan de construction de crèches, la création de postes dans tous les corps de métiers, dans le cadre de la fonction publique, pour le fonctionnement. Le redéploiement des aides individuelles dans un budget collectif, la contribution des entreprises et, surtout, une autre répartition des richesses peuvent servir au financement.

J. BOVE : Nous légiférerons sur l’individualisation des droits sociaux pour rompre avec le modèle familialiste et permettre une plus grande autonomie des femmes. Nous garantirons les revenus de la femme conjointe survivante par des pensions de réversion à taux plein.

Parmi les discriminations sociales subies par les femmes, la situation des jeunes femmes mères célibataires est le plus souvent particulièrement dramatique du fait du paiement incertain des pensions alimentaires. Par conséquent, celles-ci seront fiscalisées : versées directement par la puissance publique, à charge pour celle-ci de se retourner contre le mauvais payeur récalcitrant. Outre la sécurité financière ainsi garantie, ce dispositif rompra tout lien de dépendance et tout risque de conflit supplémentaire entre les parents.

M-G. BUFFET : Un million de places d’accueil collectif, dans la diversité des structures, seront créées en 15 ans (150 000 emplois seront créés. Je me prononce pour la gratuité immédiate pour les familles à faibles revenus, pour aller vers la gratuité de tous les modes d’accueil collectifs. Le coût estimé à 12 milliards d’euros par an sera réparti entre l’Etat, les collectivités locales, la CAF, les entreprises. Je m'engage en faveur d'un service public de l’enfance qui aura pour objectif de favoriser un accueil pédagogique des enfants jusqu'à 3 ans, avec, pour les salariés les formations et le statut correspondants.

Dans le même temps, je suis pour le rétablissement du droit à la scolarité dès deux ans pour les parents qui le souhaitent. Je suis favorable à un congé maternité/paternité de six mois pris par l’un ou l’autre parent. De même, pour les personnes âgées, un service public sera mis en place avec des moyens conséquents consacrés au développement des services à la personne, des maisons de retraites ou des maisons médicalisées.

A. LAGUILLER : Arlette Laguiller réclame également la création de crèches et de garderies nombreuses sur le territoire pour permettre aux femmes, mais aussi aux hommes, de concilier vie familiale et travail

J-M. LE PEN : Le revenu parental que je propose de créer, donnant droit notamment à une retraite et accompagné d'une formation professionnelle à l'issue du congé parental d'éducation permettra, au parent le souhaitant de choisir de se consacrer pendant au moins trois ans à l'éducation de ses enfants, sans être pénalisé dans sa carrière professionnelle.

F. NIHOUS : La défense et l’amélioration des services publics, notamment en milieu rural, mais aussi dans les quartiers, sont l’un des axes principaux de mon programme. Là aussi, les femmes seront les premières bénéficiaires, notamment dans les domaines de la petite enfance, des personnes âgées ou dépendantes, de la santé. Développement des crèches d’entreprises dans le secteur privé, mais aussi public. Développement des structures de proximité pouvant accueillir des enfants ou une personne malade pour quelques heures ou quelques jours, de façon à aider les familles à faire face à l’imprévu.

S. ROYAL : Faire de l’accueil éducatif des enfants le plus tôt possible, c’est donner des chances à tous. Or ce droit est menacé par les restrictions budgétaires de la droite qui rêve de privatiser la prise en charge de la petite enfance, aux dépens des familles et surtout des femmes. C’est pour cela que je mettrai en place un véritable service public de la petite enfance, qui en assurant un accueil diversifié des enfants jusqu’à trois ans permettra aux femmes de ne pas interrompre leur vie professionnelle, tant il est difficile de revenir sur le marché du travail après une interruption.

N. SARKOZY : Il est impératif que la garde des enfants ne soit plus un problème pour les mères ou les pères qui veulent travailler. C’est pourquoi, je m’engage à rendre opposable pendant la législature le droit à une solution de garde pour chaque enfant. Les fonds publics actuellement consacrés à la garde des jeunes enfants seront réorientés vers une allocation unique, simple, qui ne fera aucun perdant, et dont les familles pourront faire l’usage qu’elles veulent, soit pour recruter une assistante maternelle, soit pour payer une place en crèche, soit pour dédommager celui des deux conjoints qui arrête de travailler pour s’occuper de l’enfant. C’est en solvabilisant la demande que l’offre se développera là où sont les besoins, je pense en particulier aux crèches d’entreprises et aux crèches associatives. Je veux également que l’école prenne en charge les orphelins de 16h en organisant des études dirigées dans tous les établissements, pour que les enfants dont les familles le souhaitent, au lieu d’être livrés à eux-mêmes, soient encadrés pour faire leurs devoirs. J’entends également inciter les pères à prendre toute leur part dans la vie de la famille : notamment, à l’image des pays scandinaves, un congé parental plus avantageux sera créé à condition que les pères en prennent une partie.

Par ailleurs, je constate que ce sont les femmes qui permettent aujourd’hui le plus souvent aux personnes âgées ou aux personnes handicapées de rester à domicile. Il me paraît donc urgent de donner au secteur de l’aide à domicile, le cadre et les moyens nécessaires à son développement. J’entends créer, à cette fin, une cinquième branche de la protection sociale consacrée à la dépendance.

G. SHIVARDI : Les femmes sont les premières victimes, parce que souvent elles ont moins cotisé, de toutes les lois qui ont réduit drastiquement les droits à la retraite des femmes comme des hommes. Et maintenant l’Union européenne s’en prend aux droits des femmes liés à leur maternité comme la bonification de 2 ans par enfants ou le droit de partir à la retraite après 15 ans d’ancienneté au nom de la directive 2006/54/CE du 5 juillet 2006 « relative à la mise en place du principe d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes » Je me prononce pour le maintien de tous les droits particuliers des femmes à la retraite, contradictoirement à la directive européenne citée.

Vous dites fort justement que « Les femmes continuent effectivement à devoir interrompre leur activité ou à s’absenter pour prendre en charge des responsabilités familiales ». Mais comment accepter que depuis la signature du traité de Maastricht et la mise en place du pacte de stabilité organisant la diminution des dépenses publiques 600 écoles maternelles ont fermé. Entre 1991 et 2005, le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans en école maternelle a été réduit d’un quart. Combien de femmes ont été contraintes d’arrêter de travailler car elles n’ont pas trouvé de places en crèche pour leur enfant ? Les femmes sont souvent des mères ou de futures mères. Alors comment comprendre qu’une loi votée le 3 mars 2007 vienne de modifier le congé de maternité ? Alors que le code du travail prévoit 8 semaines durant lesquelles il est interdit à une femme de travailler et 16 semaines de congés de maternité dont 6 semaines de congé prénatal, le ministre de la santé veut réduire le congé prénatal de 3 semaines pour le reporter après l’accouchement.

D. VOYNET : Je suis pour un service public de la petite enfance, de même que pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes. En ce qui concerne la petite enfance, il faut rapidement arriver à un service aussi performant que celui de l’école maternelle. L’accueil des tout petits en école maternelle est loin d’être une solution de garde à long terme.

En ce qui concerne les personnes âgées dépendantes, les collectivités territoriales ont pris énormément de retard. Nous sommes en situation de sous équipements qui rend incontournable le recours aux EHPAD privé à but lucratif, ce qui accentue encore les inégalités sociales.

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