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Auditions Retour

Réponses des candidat-e-s par question

Formation et Emploi : articulation des temps de vie

7. Les femmes et les hommes suivent souvent des parcours traditionnels de formation, qui orientent les femmes dans les professions moins valorisées et moins rémunérées. Quelles mesures concrètes prendrez-vous dans le cadre de la loi d'orientation et de programme scolaire pour y remédiez?

F. BAYROU : L'orientation est normalement le fruit du libre choix des jeunes et de leurs familles. Il faut que ce choix soit libre, et soit aussi bien informé que possible.

C'est en partie une question de formation des enseignants, pour être plus attentif aux possibilités de chaque jeune fille, dans les conseils qu'ils donnent.

Et si certaines familles font des choix "traditionnels", c'est souvent faute d'information. Cela devrait devenir un droit pour les familles, de savoir, avant de choisir une orientation, quelles sont les perspectives d'emploi correspondantes : quels sont les métiers des diplômés de cette filière, dans quels secteurs ils sont employés, combien ils gagnent, etc.

Près de 60% des étudiants de premier cycle universitaire en filière générale, sont des étudiantes. Le taux d'échec que nous connaissons à l'entrée à l'université - deux jeunes sur cinq échouent en première année - est la principale raison de notre retard par rapport aux pays voisins. Le semestre d’orientation à l’entrée de l’université, que j'ai créé en tant que Ministre et auquel il faudra redonner son sens, doit permettre de lutter contre ce risque d'échec, avec le concours d'étudiantes et étudiants plus âgés comme tuteurs, comme bibliothécaires, etc. L’idée est de réorienter le plus vite possible, sans attendre un ou deux ans, les étudiants qui s’aperçoivent que la filière qu’ils ont choisie ne leur convient pas

O. BESANCENOT : Les contenus scolaires sont construits sur des représentations très stéréotypés des rôles sexués ; les Programmes et pas seulement les manuels scolaires sont sexistes. Ils s’adressent prioritairement aux garçons et contribuent à persuader les filles que les femmes n’existent pas dans la société , dans l’histoire, dans la culture ou dans la science. Les sciences semblent être faites par les hommes et pour les hommes, et, dans les lettres et sciences humaines, la culture scolaire s’appuie sur des œuvres classiques, produites par les hommes, qui donnent des femmes une vision traditionnelle de femmes passives, soumises, dépendantes et inférieures. Les travaux récents sur les rapports sociaux de sexe ne sont pas pris en compte dans les programmes scolaires. Il faut agir sur la formation des enseignants, elle devra prendre en compte et intégrer tous les travaux sur les rapports sociaux de sexe. Il faut généraliser des outils pédagogiques pour « apprendre » la mixité tant dans la transmission des savoirs que dans leur contenus – les programmes et les manuels scolaires-. L’orientation et les filières doivent être repensées en terme non sexiste.

J. BOVE : Un système d’équivalence des qualifications entre métiers sera établi pour faire respecter l’égalité de traitement entre métiers à dominantes masculine et féminine.

M-G. BUFFET : L'égalité des sexes doit être une des finalités éducatives de l'école. Il ne suffit pas de mettre des enfants ensemble pour qu'il y ait égalité. Il faut donner un contenu dynamique au principe de mixité qui préside à l'organisation de l'école. Dans une perspective d'éducation au respect de l'autre et à l'égalité entre les sexes, il faut repenser les programmes, les manuels scolaires et amener les personnels éducatifs à travailler au quotidien à la remise en cause des stéréotypes sexués et de leurs incidences sur leurs propres pratiques professionnelles.

J-M. LE PEN : S'il est indispensable de reconnaître l'égalité entre les hommes et les femmes, il serait aberrant de refuser d'admettre les différences qu'il y a entre les deux sexes, différences qui expliquent en grande partie la sur-représentation des femmes dans certains métiers, comme ceux de l'enseignement, de la santé ou de la justice, métiers qui ne sont pas moins rémunérés ou moins valorisés que ceux du bâtiment, dans lesquels elles sont sous-représentées.

Plutôt que de prendre des mesures contraignantes, veillons d'abord, notamment dans l'enseignement public, à ce que des groupes de pression islamistes ne remettent pas en cause, en interdisant ainsi aux filles les cours de natation, l'égalité entre les femmes et les hommes.

F. NIHOUS : Réformer le dispositif d’orientation scolaire pour une meilleure information des jeunes (et des parents) sur les formations et les parcours professionnels auxquelles elles conduisent et pour les aider à découvrir leurs compétences et leurs talents.

S. ROYAL : Une meilleure orientation des filles, c'est-à-dire par exemple de ne pas les cantonner dans des filières qui débouchent sur des professions déjà fortement féminisées, est certes une nécessité. On peut évidemment être volontaristes, faire en sorte que les services d’orientation incitent les jeunes filles à choisir des filières scientifiques et techniques, valoriser des réussites de femmes dans des domaines fortement masculinisés. Mais la réalité est plus complexe, tant les clichés sexistes sont reproduits. Tant que les filles seront élevées, dès leur plus jeune âge, dans l’idée qu’elles se doivent avant tout à leur famille, le problème restera entier.

Le fonctionnement actuel de la famille fait apparaître qu’il est difficile de mener de front un fort investissement professionnel et une vie familiale conforme aux modèles dominants. Il faut donc faire évoluer les représentations des rôles respectifs des femmes et des hommes dans la sphère familiale. Il faut parallèlement des politiques publiques plus ambitieuses de prise en charge des jeunes enfants.

N. SARKOZY : Il est en effet paradoxal que, plus de 40 ans après la généralisation de la mixité scolaire, alors même que le taux de réussite scolaire et universitaire des filles est plutôt plus élevé que celui des garçons, elles continuent à s’orienter vers des professions moins valorisées et moins rémunérées. La première chose à faire, c’est de dire – dès l’école – aux filles que leurs aspirations professionnelles ne sont pas moins légitimes que celles des garçons. Ensuite, nous avons besoin d’un véritable service public de l’orientation, qui informe précisément chaque élève sur les possibilités qui lui sont offertes, et sur les débouchés réels des filières en termes d’emploi et de salaires. L’égalité des ambitions entre les sexes fera partie du cahier des charges de ce nouvel organisme. Je compte également agir en aval en favorisant l’accès des femmes à la formation professionnelle.

G. SHIVARDI : Je rétablirais d’abord les moyens qui ont été supprimés pour l’Education nationale en application du Pacte de stabilité européenne et de l’article 104 des traités de Maastricht et Amsterdam qui stipule : « les Etats membres évitent les déficits excessifs. » Savez-vous que 10 992 écoles communales ont été fermées entre 1981 et 2006, que 1123 écoles maternelles publiques ont été fermées en dix ans, que 336 lycées professionnels, un sur quatre, ont été fermés, entre 1985 et 2004 ?

D. VOYNET : Développer une éducation non sexiste. C’est d’ailleurs un des points que défendront nos candidatEs aux législatives. Organiser l’orientation, la formation de sorte à présenter toutes les possibilités aux jeunes filles comme aux jeunes gens. Mais je crois que c’est dans tous les domaines qu’il faut agir, ce que je veux dire par là, c’est que de même que les jeunes filles ont dû apprendre la technologie, les garçons devraient apprendre les « arts » ménagers. C’est dans le contexte de l’école que l’égalité hommes/femmes doit être partie intégrante des schémas éducatifs. Evaluer les formations avec un regard genré afin de déterminer les secteurs dans lesquels la féminisation doit être aidée.

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