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Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes |
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Formation et Emploi : articulation des temps de vie9. L'augmentation de l'activité des femmes depuis les années 1980 s'est effectuée dans le cadre d'emplois qui ne permettent pas une réelle autonomie financière (83 % des emplois à temps partiel, 60 % des emplois aidés ou en CDD), ce qui contribue à leur précarisation. Quelles mesures proposez-vous face à cette situation et quels dispositifs comptez-vous mettre en place pour palier les écarts considérables existants entre les femmes et les hommes en matière de retraite ? F. BAYROU : Je propose, depuis 2002, une réforme d'ensemble des retraites, que je ne détaillerai pas ici ; fondée sur le principe d'un barème par points (au lieu du décompte actuel par trimestres), elle permettra de prendre en compte une diversité de situations, en particulier de valoriser les années consacrées à l'éducation des enfants, ainsi d'ailleurs que l'engagement bénévole. Beaucoup de femmes aujourd'hui à la retraite, en particulier des veuves, sont au minimum vieillesse, dans des conditions de grande pauvreté. J'ai prévu et budgété un plan pour les petites retraites, qui portera, en 5 ans, à 90 % du SMIC le niveau du minimum vieillesse. Aux âges actifs, les principales raisons de la pauvreté en France, ce sont le chômage, la précarité de l'emploi et le temps partiel subi. Les femmes en sont les premières victimes. Il faut que le droit social protège effectivement le salarié, que soient exclus les abus que subissent de nombreux stagiaires, et les personnes employées en CDD à répétition. Le CDI doit redevenir la règle dans les faits, comme il l'est dans la loi. Je propose de lutter contre l'abus de temps partiel dans certaines branches, en fixant un plancher aux contrats de travail dans les entreprises de ces secteurs. Je veux enfin maintenir les limites au travail le dimanche. On parle de "volontariat", mais ce serait du volontariat contraint, et je sais qui se retrouverait aux caisses des grandes surfaces : beaucoup de femmes qui, le dimanche, ne verraient plus leurs enfants. O. BESANCENOT : Il faut transformer tous les contrats précaires en CDI. Par ailleurs il faut rendre obligatoire la transformation des emplois à temps partiel en temps plein, sur simple demande des personnes salariées. Outre la décision globale que le montant d’aucune pension de retraite ne doit être inférieur au SMIC, il faut également prévoir un plan de revalorisation des retraites des femmes et de reconstitution de carrière, pour résorber les inégalités dues au temps partiel, au travail précarisé ou aux interruptions d’activité professionnelle à l’issue des congés maternité. J. BOVE : Une conférence nationale tripartite (patronat, syndicats, Etat) sur les salaires sera immédiatement convoquée. Le nouveau gouvernement y pèsera en faveur d’une revalorisation générale des salaires, de l’ordre de 300 euros, prenant notamment en compte les gains de productivité et d’un rattrapage spécifique pour les femmes à titre de compensation pour les discriminations subies. Cette mesure s’appliquera dans les fonctions publiques. Le gouvernement oeuvrera également à une réduction de l’échelle des salaires dans le privé comme dans le public. M-G. BUFFET : Le CDI à temps complet doit être la règle. L’emploi statutaire sera la norme dans les fonctions publiques et un plan de résorption des emplois précaires sera mis en oeuvre rapidement. Dès sa mise en place, je proposerai que le gouvernement soit chargé de convoquer une Conférence nationale sur les salaires, l’emploi, la qualification et la formation. Les emplois à temps partiel seront choisis et non imposés. Les CNE et les contrats seniors seront abrogés. Je me prononce pour relèvement des pensions de retraite les plus basses pour les femmes et les pensions de réversion. J-M. LE PEN : La précarité frappe en effet plus les femmes que les hommes. L'obligation des 35 heures leur a été notamment fort préjudiciable. Beaucoup d'entre elles ont des journées de travail fracturées. Les femmes sont ainsi les premières victimes de la politique économique et sociale menée par les partis se partageant le pouvoir depuis 30 ans -le RPR devenu l'UMP, le PS, le PC et l'UDF- qui, dans l'Europe sans frontières de Bruxelles, ont livré notre économie à une concurrence internationale, déloyale, pratiquant, notamment en Chine, le dumping social et qui, d'autre part se soumettent aux directives européennes anti-sociales de Bruxelles, comme celle rétablissant le travail de nuit des femmes. La politique de relance économique que je compte mettre en œuvre, fondée sur la protection du travail en France et sur l'allègement des charges pesant sur nos entreprises, réduira la précarité du travail. Par ailleurs, le revenu parental que je propose d'attribuer à l'un des deux parents se consacrant, pendant un certain nombre d'années, à l'éducation de son ou de ses enfants, sera accompagné des droits sociaux dont bénéficient les salariés, notamment le droit à la retraite. Les mères de famille qui ont ainsi interrompu leur activité professionnelle ne seront pas pénalisées lors de leur retraite. F. NIHOUS : Encadrement et limitation du recours au travail précaire. Cette mesure de portée plus générale bénéficiera plus particulièrement aux femmes, puisqu’elles constituent la plus grande part des travailleurs à temps partiel. Intégration totale du temps consacré à l’éducation des enfants, pour les femmes ayant interrompu leur activité professionnelle à cette fin, dans le calcul des retraites. Remplacement progressif des pensions de réversion par l’individualisation des droits sociaux, permettant une autonomisation des femmes. S. ROYAL : Je privilégierai trois directions pour accélérer l’égalité dans ce domaine : une charte pour l’égalité d’accès et de traitement sera mise en place en direction des entreprises et services publics. Les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales seront modulées en fonction de la nature des contrats de travail. Enfin, j’engagerai l’Etat dans une mission de garantie d’égalité dans la promotion à des postes de responsabilité publics. 85 % des personnes percevant le minimum vieillesse sont des femmes. C’est pourquoi la mesure d’urgence que je prendrai d’augmenter de 5 % les petites retraites leur sera particulièrement adressée. On le sait les femmes, de par l’assignation qui leur est faite de prendre en charge les personnes dépendantes (enfants, malades, personnes âgées), ont beaucoup de difficultés à faire des carrières complètes qui leur permettraient de toucher une retraite digne. C’est pourquoi, malgré les efforts nécessaires que toute la société devra opérer pour arriver à un équilibre de ce régime, je porterai une attention toute particulière à la situation des femmes. N. SARKOZY : S’agissant de l’emploi, le travail est le meilleur remède contre la précarité. Il faut que les Français travaillent plus pour créer plus de richesses et donc plus de consommation, plus d’activité et à terme plus d’emploi. Dans une société du plein emploi, celle que je préconise et que je crois possible d’ici cinq ans, il n’y a ni chômage, ni précarité. Ce sont les entreprises qui cherchent des salariés à temps plein et non l’inverse, et on est prêt à les payer cher pour cela. S’agissant des retraites, il y a plusieurs difficultés, mais globalement ce sont essentiellement les femmes qui sont pénalisées par ce que l’on appelle les petites retraites. Je veux faire principalement quatre choses : augmenter le taux des pensions de réversion (de 54 à 60% au moins) ; augmenter de 25% le minimum vieillesse ; revaloriser les retraites des épouses d’agriculteurs, de commerçants et d’artisans, qu’on a laissées ne pas cotiser pendant des années ; donner des droits à la retraite aux femmes qui se consacrent exclusivement à l’éducation de leurs enfants car, pendant ce temps, elles n’utilisent pas les crèches ou les structures d’accueil des jeunes enfants. G. SHIVARDI : Le travail nocturne et de soirée se cumule avec le travail de fin de semaine. Neuf femmes sur dix travaillant de nuit travaillent aussi le samedi, et plus de huit sur dix le dimanche ». (Source Direction de l'animation de la recherche et des études statistiques [DARES] du ministère du travail). A ces difficultés se joignent celles que rencontre près d’une femme sur trois qui travaille à temps partiel. Près de la moitié d’entre elles n'ont pas choisi cette forme d'emploi qui est caractérisée par une grande instabilité. Ainsi 40 % des femmes salariées à temps partiel ont un statut précaire. Précarité, travail à temps partiel non choisi, CNE, travail le dimanche, toutes ces situations qui ne permettent pas aux femmes de vivre et de faire vivre leurs familles dignement trouvent leur source dans la politique de l’UE et particulièrement dans les directives européennes sur les CDD et le temps partiel ainsi que dans les lignes directrices pour l’emploi qui préconisent le développement de la flexibilité et des contrats atypiques. Aussi, je me prononce pour le droit à un CDI pour toutes les femmes, pour la défense des conventions collectives et des statuts qui sont les meilleurs garants de la réalisation de l’égalité des rémunérations et des droits entre les hommes et les femmes ce qui nécessite de rompre avec l’UE. D. VOYNET : Je pense qu’on doit penser la question de la retraite en même temps que celle de la réduction du temps de travail et de la formation professionnelle. Je suis favorable à une nouvelle gestion du temps sur l’ensemble du cycle de vie. Je soutiens par exemple le fait que chaque salarié ait une année sabbatique payée intégralement à prendre pendant sa vie professionnelle car je pense que le fait d’avoir plus de temps pour soi à 30 ou 40 ans est important. Mais je pense aussi que mes propositions doivent être réellement mises en œuvre et qu’on ne peut pas avoir en même temps les 35 heures, plus de droit à la formation professionnelle et le retour à 37,5 ans de cotisations. Je suis donc pour revenir à 40 ans de cotisations en moyenne, en tenant compte bien sûr de la pénibilité, et aussi de l’espérance de vie à 60 ans pour moduler la durée de cotisations. |
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